Une série Netflix tournée en quatre plans séquences!

Mais aussi la Bd de Keanu Reeves adaptée sur Netflix & combien ça coûte de gagner un oscar?

SNAX
4 min ⋅ 14/03/2025

Hello!

Pour cette première newsletter vous retrouverez ce que j’ai retenu ces derniers jours du monde de la création au sens large, des parcours inspirants, et mes suggestions culturelles de la semaine :)

Je partagerai également ici chaque semaine mon actu d’auteur/réalisateur. Je serai bref cette semaine pour démarrer je vais me contenter d’un simple teasing: j’ai de très belles nouvelles professionnelles à annoncer prochainement.

Et c’est parti pour mes suggestions et autres réflexions!

La série anglaise “Douglas is cancelled” sur Arte est vraiment à voir si vous aimez le ton cynique so British.

Le pitch: Un journaliste vedette de la télévision est accusé d’avoir dit une blague sexiste lors d’une soirée. L’affaire s’amplifie sur les réseaux sociaux lorsque sa co-animatrice s’en mêle. C’est le début d’une descente aux enfers et d’une implacable vengeance. Minisérie de haut vol "Douglas Is Cancelled" est signée Steven Moffat ("Sherlock"). Avec Hugh Bonneville et Karen Gillan. https://www.arte.tv/fr/videos/RC-026265/douglas-is-cancelled

SERIE “ADOLESCENCE” SUR NETFLIX

Une série entière en plans séquences? Chacun des quatre épisodes de la série Adolescence sur Netflix a été tourné en un seul plan séquence! Comment ils ont fait?

“Adolescence” c’est une co-création du scénariste Jack Thorne (Toxic Town) et du comédien Stephen Graham (The Irishman) qui joue le père de l’ado dans la série.

Jamie Miller, 13 ans, accusé du meurtre d’une de ses camarades

Ce point de départ est déjà une déflagration en soi, mais son traitement à l’image lui donne une puissance supplémentaire. 

Chaque volet est filmé en un unique plan-séquence, l’action se déroulant en temps réel à l’écran.

Le réalisateur Philip Barantini  est un habitué de l’exercice, lui qui a signé également en un seul plan-séquence le long-métrage The Chef, sorti en salles début 2022, et déjà avec Stephen Graham dans le rôle principal. 

Le premier épisode démarre ainsi avec l’arrestation musclée du garçon chez lui, devant ses parents et sa sœur médusés.

 Il est emmené au commissariat, où ont lieu sa prise en charge et les premiers interrogatoires.

La caméra virtuose du réalisateur Philip Barantini immerge dans l’histoire le spectateur, qui est happé dès les premières minutes.

Pour parvenir à ce résultat, chaque épisode a nécessité trois semaines de répétitions et une semaine de tournage, où deux prises étaient filmées par jour, permettant au final de choisir la meilleure des dix. 

Une chorégraphie millimétrée était de mise pour que la caméra puisse se mouvoir en suivant tel ou tel personnage, et même s’envoler grâce à un drone. Visuellement, le résultat est à tomber.

La plus grande réussite de la série tient dans le fait que ce procédé est au service de l’histoire et pas une simple démonstration technique.

Il y est question de masculinité toxique, du rôle des réseaux sociaux, ici au cœur de l’histoire, sur les conséquences du harcèlement, de cette violence dont sont capables les ados.

La bande annonce :

Comment Keanu Reeves a créée une bd au titre imprononçable (BRZRKR) qui va devenir un film Netflix?

Beaucoup cherchent la meilleure IP (propriété intellectuelle) à adapter (Astérix? Tintin? Dracula?), d’autres créent la leur.

C’est probablement plus risqué mais ça peut être payant!

Keanu Reeves en 2021 a créé la Bd « BRZRKR » avec deux co scénaristes.

Ils ont levé 1,4M$ en crowdfunding sur Kickstarter pour financer le 1er album, et en ont vendu 650 000 exemplaires. 

4 ans, 12 tomes, et 3,5M d’exemplaires vendus (!) plus tard, la bd va être adapté en long métrage sur Netflix.

 Avec Keanu Reeves dans le rôle titre et Justin Lin (Fast and furious) comme réalisateur. 

Alors BRZRKR ça veut dire quoi? 

C’est l’abréviation de Berserker en vieux norrois, une langue germanique notamment parlée par les vikings.

Le terme désigne un guerrier qui entre dans une énorme colère et devient inarrêtable. 

Pitch: 

L'homme connu uniquement sous le nom de B est un guerrier immortel. Il est sujet à des accès d'ultraviolence... au détriment de sa raison. 

Après des siècles d'errance, B a accepté de travailler pour le gouvernement américain en prenant part à des missions trop dangereuses pour des mortels. 

En échange, B espère obtenir la vérité sur les origines de son existence... et surtout comment y mettre fin !

💡 Moi si j’étais éditeur j’irai voir si certaines stars françaises ont pas envie de créer un personnage de bd 😄

Gagner un oscar combien ça coûte? Pour Anora (gagnant de l’Oscar du meilleur film), trois fois le budget du film, sans garantie😅

Interviewé dans le podcast The Town, le distributeur d’Anora, Tom Quinn (CEO de Neon) donne les détails financiers:

Anora a un budget de production de 6M$

Néon à dépensé 18M$ en budget marketing pour donner toutes les chances au film de gagner dans une des 6 catégories dans lesquelles il était nommé.  

Faire un (très) bon film est probablement nécessaire pour être nommé mais ça ne suffit pas pour gagner. 

T.Quinn a annoncé qu’il allait proposer un deal de plusieurs films à Sean Baker le réalisateur, qui jusqu’ici travaillait avec le célèbre studio indépendant A24…

J’en profite pour mettre ici un extrait du discours de Sean Baker quand il a remporté l’oscar:

« Le cinéma indépendant traverse l’une des pires crises de son histoire.

Pour moi, et pour beaucoup de mes collègues, si nous avons de la chance, il nous faut environ trois ans pour faire un film. 

Je vais dire trois ans, même si la plupart d’entre nous y consacrent bien plus de temps. 

Mais restons sur trois. 

Si vous êtes scénariste/réalisateur et que vous essayez de percer en ce moment, il y a de fortes chances que vous fassiez votre film pour un salaire dérisoire. 

Comment survivre avec aussi peu de revenus pendant trois ans ?

 Ce n’est tout simplement pas suffisant pour vivre, surtout si vous devez subvenir aux besoins d’une famille. 

Le système doit changer, parce que c’est tout simplement intenable.

Nous créons des œuvres qui génèrent de l’emploi et des revenus pour toute l’industrie. 

Nous ne devrions pas être en train de survivre à peine. 

Les créatifs qui s’engagent dans des projets de plusieurs années doivent recevoir des rémunérations bien plus élevées en amont. »

Bon weekend à toutes et tous, et à la semaine prochaine pour partager d’autres parcours inspirants et ce que j’ai retenu du monde de la création! :)

Erwan

SNAX

Par Erwan Marinopoulos

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